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La semaine d’Iléana, PARTIE 1

La semaine de

Parce que nous sommes curieux, que nous aimons la bande dessinée dans sa diversité et que derrière chaque planche il y a un auteur, nous avons eu l’envie de lancer une nouvelle rubrique : « La semaine de… ». C’est l’occasion pour nous, pendant une semaine donc, de mettre en avant un auteur pour lui permettre de nous faire découvrir son univers, au travers d’une grande interview en 5 parties (diffusées du lundi au vendredi et illustrée de dessins, de photographies…), et l’occasion pour lui de nous présenter des artistes extérieurs au site.

N’hésitez pas dans vos commentaires à donner votre avis en fin de semaine sur cette nouvelle rubrique. Bonne lecture.

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C’est l’hiver, il fait froid et moche, alors qui de mieux qu’Iléana pour nous réchauffer le cœur, nous faire briller les yeux et nous emmener au pays des rêves avec ses histoires poétiques et colorées ?!  Bienvenue dans LA SEMAINE D’ILEANA, et partons en découvrir un peu plus sur la demoiselle, dans cette première partie axée sur l’enfance, les études et, bien sûr, le dessin.

Je suis née et je vis en Roumanie, à Cluj Napoca. C’est une très belle ville en Transylvanie. Je vis sur une colline, et de ma fenêtre je vois tous les couchers de soleil. Le Petit Prince serait jaloux.

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La ville n’est pas trop grande, mais il y a beaucoup de bâtiments historiques, d’endroits magiques, avec des histoires pittoresques et des secrets. En plus, pour moi, la ville a aussi une quatrième dimension – celle de mes souvenirs liés aux places, coins des rues, jardins et bâtiments…

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Parfois j’utilise ma ville comme décors pour mes histoires – comme pour Le message inattendu, ou Saint Georges et le Dragon [planches diffusées aujourd’hui – ndlr]. Pour ceux qui veulent voir plus d’images et découvrir la Roumanie, voilà une page sur FB, avec des photos.

 dessinsA l’école j’ai été une élève très assidue, qui dessinait sur tous ses cahiers ! Ma stratégie était la suivante : personne ne peut se fâcher contre une élève qui dessine tout le temps, si ses résultats sont bons. J’ai gardé cette bonne habitude pendant toutes mes années d’école, même à l’université. Voilà la première page de mon cours de Sémiotique comme preuve !

Même avant de savoir que j’allais faire des Bds dans ma vie, j’ai toujours eu la conviction que je pouvais utiliser pour l’art tout ce que j’apprenais à l’école. Histoire, géographie, les langues, chimie ou physique – toutes ces informations étaient pour moi du matériel pour mes contes, écrits ou dessinés. Même les maths.

 

Et je me suis rendue vite compte qu’on pouvait utiliser aussi l’ignorance (ce que je ne connais ou ne comprends pas) pour augmenter la créativité. Si je ne connais pas une réponse – je peux toujours l’inventer ! Mais il faut au moins étudier la question.

Après tant d’années d’école, je dois avouer que j’ai oublié beaucoup de choses. En revanche, dans ma tête il y a une soupe-crème d’informations, très nourrissante pour les idées.

 

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Ah, la fameuse question que les adultes adorent poser aux enfants ! Qu’est-ce que tu veux être quand tu seras grand(e) ? Quand j’étais petite, une amie avait répondu « princesse », et les grandes personnes avaient beaucoup rit. Alors j’ai commencé à soupçonner que les adultes voulaient en fait juste se moquer de nos réponses, en espérant que nous dirions des trucs bêtes comme pirate ou astronaute. Donc j’ai commencé à chercher une réponse qui pourrait être prise au sérieux.

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Alors quand on m’a posé la fameuse question, j’ai répondu : Je veux faire de l’art ! Du coup, pour être prise au sérieux, ce ne n’était pas gagné-gagné… Aujourd’hui, si on me demande ce que je veux faire (ou plutôt, depuis quelques années, ce que je fais), je réponds tout simplement « des choses merveilleuses ». C’est vague, mais vrai ! Comment ça, « faire des choses merveilleux » n’est pas un métier ?!

En tous les cas j’ai fait ma scolarité avec cette idée en tête. J’ai fait le Lycée et l’Université des Beaux-Arts à Cluj Napoca, département Céramique. J’ai passé aussi 4 mois et demi à L’École Supérieure des Arts Saint-Luc, comme étudiante ERASMUS.

J’ai eu mon master en 2012. Depuis, je suis officiellement artiste free-lance. Je travaille comme illustratrice et auteur de BD.

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J’ai deux albums sortis en France [aux Éditions Makaka – ndlr], et mes planches sont parues aussi dans des anthologies et fanzines (The Book of Georges, Urban Comics – des anthologies de BD roumaines). En Roumanie il n y a pas encore beaucoup d’opportunités pour les auteurs de BD, mais le public se montre de plus en plus intéressé par ce genre d’art. Je fais aussi des bandes dessinées pour une publication roumaine destinée aux enfants, et cette année j’ai commencé une collaboration avec le magasine d’art The Big Issue – Taiwan. Quand j’ai l’occasion, je fais aussi du graphisme publicitaire [exemple ci-contre (à droite) avec la réalisation de stickers pour un atelier - ndlr].

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 Je suis allée en France pour la première fois en 2007, avec le programme Allons en France. J’ai passé 10 jours à Paris, et c’était trop marrant ! Depuis, je garde un très beau souvenir de cette ville. J’ai fait un petit journal BD pour documenter mon séjour, et mes dessins ont eu du succès parmi les autres participants. En voyant mes dessins, un de mes nouveaux amis français m’a donné l’adresse de 30jours de Bd – pour que j’essaye d’y publier mes BD. Donc je peux dire que ma carrière d’auteur BD a commencé avec ce voyage.

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[vous pouvez lire l'intégral du journal en cliquant ici]

Après, je suis allée en France assez souvent, pour plusieurs occasions (notamment les festivals de BD), et j’ai revu Paris plusieurs fois. J’ai passé aussi une semaine en Bretagne pour le Quai des Bulles, à St Malo.

La langue n’a jamais trop été un barrage. D’ailleurs, dans ma tête, je parle très bien français !! Je rrrroule mes rrrr et je prononce parfaitement toutes les voyelles nasale. Bon, par contre, c’est quand j’ouvre la bouche qu’il y a des problèmes !

 

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À douze ans, j’avais des cours de français à l’école (deuxième langue après l’anglais). En même temps j’ai commencé à fréquenter le Centre Culturel Français de ma ville – sa médiathèque et ses cours d’été pour les enfants. Les Schtroumpfs m’ont beaucoup aidée à progresser, et j’ai appris pas mal d’expressions  en lisant Astérix et Obélix, Gaston Lagaffe ou Léonard (et encore bien d’autres). J’ai pris aussi des cours particuliers, où j’ai dû lire et traduire Rimbaud, Baudelaire ou encore Jacques Prévert. Alors, quand je suis allée en France pour la première fois, j’étais assez confiante dans mes connaissances… mais le français parlé est un peu difficile à suivre.

 

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L’histoire avec les Shadocks c’est rigolo. J’avais environ 14 ans quand j’ai trouvé une cassette vidéo à la médiathèque. Et j’ai fait la grave erreur de regarder tous les épisodes dans la même après-midi.  Surdose de Shadocks !!! Je crois bien qu’une partie de mon cerveau ne s’est jamais rétabli. Ou peut-être que j’ai été depuis toujours un peu Shadock, sans le savoir. De tout façon, pour moi ils sont dans le même tiroir que Salvador Dali (ils font la fête tous ensemble, là !).

 

Quant à l’écriture, je me débrouille, mais c’est assez difficile, parce que je n’aime pas faire des fautes. Un petit e-mail en français me prend une demi-heure : dix minutes à penser comment répondre d’une façon claire, concise, intelligente et amusante. Dix minutes pour corriger, mettre les accents, vérifier si toutes les expressions sont correctes, ou si je les ai traduites de l’anglais (je fais ça assez souvent). Cinq minutes pour tout effacer, et finalement réécrire un e-mail beaucoup plus court et moins amusant, pour éviter tout malentendu ! Et enfin cinq minutes pour me taper la tête sur le claviature [alors ce n’est pas pour nous moquer mais nous avons trouvé ce mot tellement mignon que nous l’avons laissé ! En espérant que tu nous pardonneras, Iléana - ndlr] de l’ordi parce-que j’ai envoyé le mail avec une grosse faute tout bête.

Mais sinon, j’adore écrire ! Après tout, raconter des histoires c’est ma passion, que ce soit avec la plume ou avec le pinceau. Les plus longs textes que j’ai écrit en français sont les nouvelles pour le concours d’écriture organisé par Le Lecteur du Val (association des Bibliothèque du Sicoval). En 2005 et 2007 mes textes ont été sélectionnés par le jury et publiés dans des anthologies. Bien sûr, malgré mes  efforts, je fais souvent des fautes – et mes amis français aiment me taquiner. Si jamais vous trouvez une dans mon interview… eh bien… vous pouvez la garder, c’est cadeau!

(A demain pour la suite) 

Rédaction : Niko /Corrections : Nine

 

Le contenu de l’interview ainsi que toutes les images diffusées  sont la propriété exclusive de leurs auteurs respectifs. Toute utilisation ou reproduction sans leur accord est strictement interdite.

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6 Commentaires

  1. une étoile est née!

  2. Merci Iléana pour ces tranches de vie, ton humour égale ton talent d’artiste!
    C’est sympa d’en apprendre un peu plus sur les artistes qui font vivre ce site.

  3. J’ai eu un flash : Dalí en train de pomper avec des Shadocks !Bon dieu, je ne vais pas dormir cette nuit…

  4. J’ai lu l’interview avec plaisir!

  5. Très chouette interview! Un univers qui fait rêver… Me voilà fan d’Iléana maintenant.

  6. Comment fait-on pour lire le journal, le lien PDF ne marche pas,
    C’est dommage …
    Sinon belle interview

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